01/09/2026
Entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane SONKO, qui privilégie la stabilité au Sénégal?
MĂȘme si la Constitution donne au PrĂ©sident certaines prĂ©rogatives, une question mĂ©rite dâĂȘtre posĂ©e : quel grand projet de loi du gouvernement de Diomaye a Ă©tĂ© systĂ©matiquement bloquĂ© par une AssemblĂ©e nationale pourtant dominĂ©e par PASTEF ?
Cette majoritĂ© aurait pourtant les moyens de faire tomber le gouvernement si son objectif Ă©tait un simple combat de personnes. Mais elle semble, jusquâici, privilĂ©gier la stabilitĂ© du pays et lâintĂ©rĂȘt national.
Alors, une autre question sâimpose : pourquoi Diomaye bloque-t-il des initiatives de lâAssemblĂ©e nationale portant sur la transparence, la bonne gouvernance et la souverainetĂ© ?
Imaginez un instant que lâAssemblĂ©e nationale dĂ©cide, elle aussi, dâutiliser toutes ses prĂ©rogatives pour bloquer systĂ©matiquement les initiatives de lâExĂ©cutif. Que resterait-il de la gouvernance du SĂ©nĂ©gal ?
Quand le PrĂ©sident bloque lâAssemblĂ©e, certains applaudissent en parlant de stratĂšge, sage, ..... Mais si demain lâAssemblĂ©e utilise exactement les mĂȘmes a***s institutionnelles contre lâExĂ©cutif, appellerez-vous encore cela de stratĂ©gie ?
La dĂ©mocratie ne peut pas ĂȘtre Ă gĂ©omĂ©trie variable. Les prĂ©rogatives constitutionnelles ne doivent pas ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme lĂ©gitimes uniquement lorsquâelles servent le camp que lâon soutient.
PASTEF doit surtout Ă©viter de tomber dans le piĂšge du dĂ©sordre institutionnel. Car lorsquâun pouvoir crĂ©e lui-mĂȘme les conditions du blocage, il peut ensuite ĂȘtre tentĂ© dâutiliser ce blocage comme alibi pour justifier ses propres Ă©checs.
Le SĂ©nĂ©gal nâa pas besoin dâun combat dâego entre institutions. Il a besoin dâun Ătat qui fonctionne, dâune majoritĂ© responsable et dâun ExĂ©cutif qui assume ses dĂ©cisions.
Et si lâĂ©chec arrive, quâon ne cherche pas demain des boucs Ă©missaires : un pouvoir qui dĂ©tient lâessentiel des leviers de dĂ©cision doit aussi avoir le courage dâassumer pleinement son bilan.