07/05/2026
Post d’un collègue et d’accord avec lui:
« Ras-le-bol des idées reçues sur le permis de conduire.
On va remettre les choses à leur place, clairement.
Dans le Lot-et-Garonne, ce sont 5 inspecteurs qui assurent les examens. Ils réalisent chacun entre 12 et 14 permis B par jour. Mais ce n’est pas tout : ces mêmes inspecteurs gèrent aussi les examens moto (plateau et circulation), remorque, poids lourd et bus.
Sur ces 5 inspecteurs :
* une adjointe est à mi-temps en administratif
* l’autre mi-temps en examen
Une 6e inspectrice est attendue, mais aucune date n’est connue.
Si on pose les chiffres concrètement :
5 inspecteurs × environ 12 à 14 examens par jour = 60 à 70 passages quotidiens maximum en théorie.
Dans la réalité, il faut retirer :
* les autres catégories (moto, PL, remorque…)
* les jours non travaillés
* les missions annexes
- On est donc plutôt autour de 40 à 50 examens par jour réellement réalisés.
Sur une base d’environ 220 jours travaillés dans l’année :
- entre 8 000 et 11 000 examens par an dans le département, toutes catégories confondues
Dont une majorité en permis B.
Conclusion simple : le nombre de places est limité. Et ça, ce n’est PAS du ressort des auto-écoles.
C’est l’État qui attribue les places d’examen.
Ce sont des inspecteurs, fonctionnaires d’État, qui font passer les épreuves, sous l’autorité du préfet.
Donc non :
* une auto-école ne décide pas du nombre de places
* une auto-école ne bloque pas des dates
* une auto-école n’est pas responsable des délais
Aujourd’hui, on est passé de 10-12 mois d’attente à environ 6-8 mois. C’est mieux, mais ça reste tendu.
Maintenant, parlons des échecs.
Dans la grande majorité des cas, ce sont toujours les mêmes causes :
* mauvaise analyse des situations
* prise de décision tardive ou inadaptée
* allure excessive à l’approche des intersections / virages sans visibilité
* refus de priorité (notamment piétons)
Ce sont des erreurs évitables. Mais elles traduisent une chose : un manque de préparation ou de concentration.
Obtenir 20 points sur 31, ce n’est pas un “manque de chance”.
C’est un niveau insuffisant le jour de l’examen.
Et trop souvent, des élèves ou leurs parents imposent, exigent une date d’examen malgré l’avis de l’enseignant. Résultat : échec… puis colère et donc attente d’une nouvelle date.
Il faut être lucide :
Ce n’est pas l’auto-école qui “rate” l’examen. C’est le candidat qui produit sa prestation.
Autre point important : le coût du permis.
Une formation, ce n’est pas juste “payer des heures de conduite”.
C’est :
* un véhicule à financer
* une assurance
* du carburant
* de l’entretien (embrayage, pneus, etc.)
* un enseignant qualifié à rémunérer
* des charges lourdes
* un local (loyer, électricité)
* une équipe administrative
* des outils pédagogiques
* l’accompagnement à l’examen
Tout cela a un coût réel et lourdement coûteux.
Contrairement à ce que certains pensent, une auto-école ne “s’enrichit” pas parce qu’un élève fait 45 heures. C’est même souvent l’inverse.
Enfin, remettons une autre idée reçue à sa place :
Non, les auto-écoles n’inscrivent pas plus d’élèves qu’elles ne peuvent en présenter.
Nous présentons en moyenne 60 à 70 candidats par mois selon les places attribuées.
Et nous n’en inscrivons pas autant.
Le problème n’est donc pas le nombre d’inscriptions.
Le problème, c’est le nombre de places d’examen disponibles.
Le permis c’est pas un coup de chance, d’espoir, de pensé ou de croyance, ça se mérite par le fruit du travail et de l’investissement de l’élève lors de ses séances de conduite.
Ça demande du travail, de l’implication, de la remise en question.
Et surtout, ça se prépare sérieusement.
Ce message n’engage que moi et personne d’autre, et je reste ouvert à l’échange et discussion pour vous apporter des conseils issu de mes années d’expériences. »