29/02/2020
Jeudi 27 Février
MĂȘme aprĂšs une bonne nuit, les rĂ©veils sont de plus en plus difficiles, la poussiĂšre est partout dans nos duvets, nos vĂȘtements, et mĂȘme notre petit dej a goĂ»t de sable. Nous replions une Ă©niĂšme fois tout notre campement dans une routine bien huilĂ©e: duvet, matelas, tente, chaises, table et nous partons.
DĂ©but de lâĂ©tape marathon, on commence Ă comprendre pourquoi nos chĂąssis devaient ĂȘtre nickel au dĂ©part: les pierres sur la route sont Ă©normes et la piste est vraiment sport. Pour la premiĂšre fois, on roule dans le dĂ©sert, le vrai: pas de piste, juste dâimmenses Ă©tendues de terre sĂšche ou lâon slalome Ă loisir.
On dĂ©jeune Ă lâombre dâun arbre et on repart affronter lâimpitoyable piste faite quasi uniquement de bosses, de cailloux et de bacs Ă sable. Un de nos deux ventilo lache et on se voit obligĂ©es de faire quelques arrĂȘts quand la tempĂ©rature dĂ©passe 110 degrĂ©s. A lâoccasion dâune pause goĂ»ter, de nombreux enfants curieux approchent. Beaucoup mendient sur le bord de la route mais lorsquâils comprennent que nous ne donnerons rien, nous pouvons entamer avec eux quelques Ă©changes. Nous passons une heure avec eux en creusant dans notre tĂȘte pour trouver des activitĂ©s dĂ©passant la barriĂšre de la langue. Nous jouons Ă la marelle, au loup, faisons des jeux de main, Ă©crivons nos prĂ©noms dans le sable et des sourires apparaissent sur les visages des enfants; la rencontre est vraiment belle et les garçons comme les filles jouent le jeu, nous les quittons avec regrets mais la route est encore longue.
Retour aux problÚmes meca, notre voiture ne tient plus le ralenti à raison de deux trois fois par jour. A chaque fois, des équipages bricolent sous notre capot et ça repart. La courroie commence à faire un bruit louche et on envisage de la changer au plus vite.
Les derniers kilomĂštres de marathon sont les plus difficiles, on aimerait aller jusquâĂ Tazarine mais il est interdit de rouler de nuit, on pousse donc le plus loin possible alors que la voiture fatigue de plus en plus. La fin de piste est cruelle, les bacs Ă sable nâen finissent plus et tout le monde galĂšre. On choisit de suivre un petit groupe de trophistes pour camper avec eux pour la nuit et on se lance dans 45 min de pousser de voiture pour aider tous les Ă©quipages qui sâenlisent dans lâimmense bac Ă sable (que nous avons passĂ©, pour notre part, avec brio đ). Nos poches Ă huĂźtres âfont vraiment le taffâ et elles deviennent les plaques de dĂ©sensablage les plus convoitĂ©es.
Une immense dune se tient devant nous, et juste derriĂšre, un cimetiĂšre de 4L: une dizaine de pannes moteur consĂ©cutives Ă une tentative dâascension sableuse avec des 4L dĂ©jĂ bien trop fatiguĂ©es.
On dĂ©cide donc de bivouaquer au pied de la dune pour Ă©conomiser la nĂŽtre, la nuit tombe en quelques minutes et nous sommes dix Ă©quipages Ă installer nos tentes et nos 4L autour dâun feu de bois improvisĂ© par un homme qui en fait manifestement tous les weekend. Encore une soirĂ©e riche en rencontres puisque nous ne connaissions aucun Ă©quipage avant de sâinstaller. On partage notre repas avec un Ă©quipage masculin qui nâavait prĂ©vu aucune rĂ©serve de nourriture pour le Trophy ! On en profite aussi pour rĂ©viser un peu la voiture, on rĂšgle un problĂšme de phare dont la cosse sâĂ©tait simplement dĂ©branchĂ©e et des garçons nous aident Ă revisser le boulot gauche de notre capot, celui ci ayant dĂ©gagĂ© dans une ultime bosse.
Petit point sur la (derniĂšre) piste dâaujourdâhui: pas un seul ensablement et nos deux roues de secours sont encore bien au chaud Ă lâarriĂšre de nos siĂšges. On est pas peu fiĂšres de la performance compte tenu de tous les soldats morts au combat que lâon a croisĂ© sur la route.
On sâendort vite sous le plus beau ciel Ă©toilĂ© que lâon ai jamais vu.