08/09/2026
2035. C'était la date gravée noir sur blanc dans le règlement européen : plus aucune voiture neuve à essence ou diesel vendue dans l'Union. Ursula von der Leyen vient de l'effacer.
Sous la pression de l'Allemagne, de l'Italie, de la Pologne et de la Tchéquie, la Commission renonce à l'interdiction et la remplace par de simples objectifs d'émissions. Le texte qu'on présentait comme intouchable, comme la trajectoire irréversible de l'Europe verte, s'est révisé dès que les capitales qui fabriquent des moteurs thermiques ont haussé le ton.
Ce n'était donc pas une loi gravée dans la physique du climat. C'était une négociation. Une négociation que les automobilistes européens n'ont jamais eu le droit de mener, eux qui ont dû composer avec cette échéance dans leurs achats, leurs budgets, leurs choix de véhicule, pendant que 4 gouvernements industriels obtenaient en coulisses ce que Bruxelles refusait en public depuis des années.
Le grand récit d'une Europe qui imposerait sa transition écologique au monde entier vient de se heurter à ses propres usines. Face à l'industrie automobile allemande, l'idéologie a plié en quelques mois de pression diplomatique, après avoir tenu bon pendant des années de discours devant les citoyens.
On ne demandait pas à la Commission d'être infaillible. On lui demandait de tenir une échéance qu'elle avait elle-même fixée, martelée, défendue contre tous ceux qui doutaient.