27/09/2026
C’est plus important que d’équilibrer le budget Mesdames et Messieurs des gouvernements .
QU’ALLONS-NOUS LAISSER À NOS PETITS-ENFANTS ?
On nous répète qu’il faut absolument réduire la dette pour ne pas la laisser à nos enfants et à nos petits-enfants.
D’accord.
Mais est-ce la seule dette que nous leur laisserons ?
Que vaut un pays avec quelques milliards de dette en moins mais avec des dizaines de milliers de familles qui attendent un logement digne ?
Que vaut un budget mieux équilibré si nous leur laissons des logements insuffisants, des écoles qui manquent de moyens, des infrastructures vieillissantes, une pauvreté installée et une population qui ne croit plus à l’avenir ?
Il faut évidemment gérer sérieusement les finances publiques. Une dette qui augmente indéfiniment finit par réduire notre liberté de décision.
Mais toutes les dépenses ne se valent pas.
Construire et rénover des logements, ce n’est pas simplement « dépenser ».
C’est créer un patrimoine.
Un logement construit aujourd’hui sera encore là dans trente, quarante ou cinquante ans. Il aura abrité des familles, permis à des enfants de grandir correctement, évité certaines situations de précarité et constitué un actif pour la collectivité.
Alors posons une question simple :
est-il plus important de présenter un meilleur chiffre budgétaire ou de donner un toit aux plus de 100 000 familles qui en ont besoin ?
Et puisqu’il faut parler de priorités, parlons-en jusqu’au bout.
Nous trouvons des milliards supplémentaires pour la défense parce que nos gouvernements considèrent que la situation internationale l’exige.
C’est un choix politique et stratégique qui peut être débattu et qui ne l’est pas vraiment.
Mais chaque milliard consacré à une priorité est un milliard qui ne peut pas simultanément être consacré à une autre.
Alors pourquoi le logement, la santé, l’éducation ou la lutte contre la pauvreté devraient-ils toujours commencer par cette question :
« Où allez-vous trouver l’argent ? »
alors que, pour d’autres priorités, l’argent finit par être trouvé ?
Voilà peut-être ce qui me dérange le plus dans notre manière de gouverner.
Nous avons progressivement confondu l’objectif et l’outil.
Le budget est un outil.
L’économie est un outil.
La croissance est un outil.
La défense elle-même est un outil.
L’objectif d’un État devrait rester le bien-vivre de sa population et la préparation de l’avenir.
Équilibrer un budget dans un pays qui se dégrade n’est pas nécessairement une victoire.
Et s’endetter sans construire l’avenir n’est évidemment pas davantage une solution.
La vraie question devrait donc être :
pour quoi acceptons-nous de dépenser, d’investir et, éventuellement, de nous endetter ?
Car nos petits-enfants n’hériteront pas seulement de notre dette publique.
Ils hériteront aussi de nos maisons, de nos routes, de nos écoles, de nos entreprises, de notre environnement, de notre cohésion sociale…
et des problèmes que nous aurons choisi de ne pas résoudre.
La dette que nous leur laisserons se mesure en euros.
Mais l’héritage que nous leur laisserons se mesure en société.
Plusieurs dizaines de personnes reçoivent, chaque jour, un avis d’expulsion à Bruxelles et en Wallonie. Une crise du logement dont les chiffres ne cessent de gonfler.