16/08/2026
Personne ne lit les bons sujets?
Le débat sur la taxe Zucman mérite sans doute d’être posé autrement.
Au-delà des arguments pour ou contre les ultra-riches, une question fondamentale se pose : voulons-nous continuer à laisser se développer un mécanisme d’enrichissement qui devient largement automatique à partir d’un certain niveau de patrimoine ?
Ce phénomène ne concerne pas uniquement les très grandes fortunes. Dès qu’un patrimoine atteint une certaine taille, les revenus du capital, les plus-values et les intérêts composés peuvent conduire à une accumulation qui progresse beaucoup plus vite que les revenus du travail. Ce n’est pas d’abord une question morale : c’est un mécanisme économique qui est favorisé et entretenu par une fiscalité largement en faveur des possédants.
Si nos États éprouvent aujourd’hui des difficultés à financer durablement la santé, l’enseignement, la justice, la sécurité ou la transition écologique, il est légitime de se demander si une partie des ressources ne devrait pas être prélevée là où la richesse se reconstitue le plus rapidement.
L’objectif n’est pas être de sanctionner la réussite, ni d’opposer les citoyens les uns aux autres. Il doit être de préserver un équilibre qui permette à chacun de continuer à entreprendre, à investir, à transmettre un patrimoine, tout en évitant qu’une concentration croissante des richesses ne finisse par fragiliser la cohésion sociale et tout simplement casse le système tout entier.
La vraie question n’est peut-être pas de savoir s’il faut une taxe Zucman, mais comment organiser, avec mesure et intelligence, une régulation de l’accumulation patrimoniale qui soit juste, efficace et acceptable par le plus grand nombre.