16/10/2026
GODASSE DE PLOMB
Connaissez-vous ces disciplines motocyclistes si particulières ?
Le "speedway et le grass track" se ressemblent beaucoup sur pas mal de points, mais restent soumis à des réglementations bien distinctes. Très populaires en Pologne et dans plusieurs pays d’Europe centrale et du Nord pour des raisons historiques, culturelles et géographiques, ces disciplines se développeront très tôt, malgré des politiques contraignantes.
En France, on utilise parfois le terme de « grass track » pour parler assez largement des courses de motos sur piste en herbe, alors que le speedway constitue une discipline sur terre plus spécifiquement codifiée. Des courses de « sprint » de quelques tours sur un anneau plus ou moins grand. Ici, le but est de garder le régime maximal pendant les quelques tours de l’épreuve, sans jamais freiner. Les pilotes doivent conserver un maximum de vitesse dans les virages, où les machines se mettent à l’équerre dans des glisses interminables, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Les pilotes ont toujours la jambe gauche à l’extérieur de la moto et sont équipés, pour l’occasion, d’une semelle de plomb permettant au pied d’appuyer sur la terre sans accrocher.
Côté esthétique, les machines restent des plus basiques, pour ne pas dire vilaines ! Des cadres se rapprochant de ceux d’un BMX, avec une fourche avant souvent montée avec un seul petit amortisseur. Un réservoir minuscule, ne disposant que d’une contenance limitée (2 l) pour la course. Un moteur 4T gavé à l’alcool méthanol pur à 100 %, développant environ 50 ch pour un couple immédiat, car ces moulins sont conçus pour fonctionner uniquement dans les hauts régimes.
Ce combustible, en s’évaporant, absorbe beaucoup de chaleur, permettant au moteur de se passer d’un système de refroidissement par radiateur. Des gommes de même marque (Mitas SP), avec des crampons carrés spécialement alignés pour tourner à gauche, de type « pavés Knobbly ». Leur profil symétrique permet de les utiliser dans les deux sens. Elles sont littéralement fixées à la jante pour éviter les arrachages… La pression de ces gommes est extrêmement basse, entre 0,4 et 0,7 bar, et reste stratégique, voire capitale, pour l’efficacité du pilotage !
Une selle de petite taille et un guidon très large, pour mieux aider à la prise d’angle, ainsi que l’absence de freins, car ils ne sont jamais utilisés, permettent aux pilotes de conserver le même rythme, « à fond », pendant le run, où les machines peuvent atteindre des vitesses de 145 km/h…
Une finition des plus rustiques, avec pour seul agrément une plaque ne portant souvent pas de numéro, tant la machine est réduite à sa plus simple expression. Au fil de l’évolution de cette discipline, les machines se verront habillées petit à petit de modestes carénages plongeant sur le bas moteur, permettant d’apposer quelques logos et sponsors !…
Ces mêmes graphismes étaient souvent repris sur une bonnette en tissu recouvrant le casque des pilotes, évoquant celles des jockeys du tiercé hippique. Elles permettaient ainsi de distinguer les pilotes sans avoir à leur attribuer de numéros, compte tenu du peu de participants par manche !
Le speedway s’est développé très tôt en Europe centrale et orientale. Cette discipline est également présente dans le nord de la France, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ainsi qu’en Allemagne.
Les tracés ovales développent entre 260 et 400 m. Les courses sont de très courte durée, ne dépassant que rarement les quatre tours, et quatre pilotes au départ.
Pour illustrer ces propos, voici entre autre quelques rares photos issues d’un reportage de la BBC anglaise datant de 1975. Elles vous plongent dans le quotidien du pilote Reg Luckhurst et vous donneront peut-être l’envie d’en savoir plus sur le sujet !… GV