12/10/2026
Notre improbable longue route
Nous sommes le 6 mai 2029.
KELLS (Mon Euros 39 de 1978, trempe sa quille depuis deux ans dans l’eau de l’estuaire de la gironde. Le port de Bourg sur Gironde nous a accueillis en mai 2027
Je viens de sonner mes 82 ans, c’est le bel âge pour réaliser ma « longue route ».
KELLS est magnifique grâce aux nombreuses bienveillances dont lui et moi avons bénéficié, il à retrouvé sa jeunesse comme je le lui avais promis lors de notre rencontré en ce jour d’avril 2025, moi, je suis à nouveau au top de ma forme physique et morale. Nous avons tous les deux respecté les termes de notre contrat.
Je trépigne sur le pont et je sens le safran de KELLs frétiller sous sa coque à l’idée de retrouver « la mer-océane » mais cette fois ci ce sera l’océan Atlantique : la Méditerranée il l’a assez pratiqué dans sa vie précédente et moi aussi j’ai assez donné.
Nous irons y voir si le goût du sel est le même.
Avant de partir cap au Sud, nous avons fait un petit « galop » d’essai cap au Nord-Est Je l’ai emmené voir la ville où il est né. La Rochelle .
J’eu l’impression qu’il ne voulu plus en partir. Nombreuse furent les visites, des amoureux de la mer, des admiratifs des belles coques anciennes. KELLS, un Euros 39 fut le premier ketch fabriqué par les chantiers AMEL, fleuron de la construction naval Française .
Lorsque nous décidâmes qu’il était temps de lever l’ancre, une météo exécrable s’y opposa, nous clouant littéralement à notre emplacement pendant une semaine…..enfin, pas que la météo,
Finalement, la pluie cessa.
Le vent ayant terminé sa démonstration de force nous autorisa à lever l’ancre : nous faisant au passage un petit clin d’œil ironique qui certainement signifiait ….. « Faites gaffe quant même, je peux revenir »
Bref, aujourd’hui, KELLS et moi sommes prêt à appareiller pour notre destination finale : Porto-Santo et puis Madère.
Les coffres sont pleins et bien garnis nourritures boissons, matériel de secours et de rechange, carburant et eau… la routine !.
Mes enfants, tristes mais heureux de voir leur papa réaliser son rêve, mes sœurs, mes amis qui ont pu se déplacer, quelques sponsors sont venus assister à l’aboutissement du projet : Le départ. Malgré un soleil radieux, il y a beaucoup d’eau, celle sous la coque et celle qui coule des paupières.
C’est l’heure de la renverse, il faut partir.
L’honneur de larguer les amarres revient à Simon et Jude car ce sont eux qui les ont larguées pour la première fois quelques années en arrière lorsque nous avons déplacé le bateau à l’aide d’une longue aussière et de deux gaffes , sur la berge du canal à Meihan/ Garonne.
Le moteur tourne, j’embraye et nous nous éloignons de notre appontement.
J’envoie la GV et déroule le génois tribord amure.
Je lâche quelques secondes barre et écoutes pour un dernier « au revoir » mes mains s’agitent et mes yeux s’embrument.
Vent force trois, dans le « pif » évidemment, vent contre courant l’estuaire n’est pas toujours sympa !!! !nous n’avons pas fini de tirer des bords jusqu’à Port Médoc ou je passerais la nuit.
7 mai nous sortons de l’estuaire par la passe sud et nous faisons cap à l’ouest pour nous éloigner le plus rapidement de la côte et des filets des pêcheurs, puis cap au sud.
C’est parti nous sommes heureux Kells et moi d’en être arrivé là, prochaine escale,….. Arcachon !!!!!
Ah ! Arcachon, ce n’était pas prévu !!!!
Arcachon ,où Lisbeth (Elisabeth) m’attend. Nous nous sommes connus à Meilhan sur Garonne, ce fut court, fusionnel, émotionnel, passionnel, dans sa voix on entend le souffle du vent, de la brise jusqu’à la tempête, ses yeux reflètent le bleu et le vert des mers et des océans. Elle est la fille du vent et du soleil. Pour ses quinze ans ses parents lui avaient offert un « Corsair » voilier de cinq mètres cinquante en contre plaqué. Ce premier voilier et son admiration pour Isabelle Autissier, lui donnèrent la passion des régates puis de la course au large.
A bord de son fabuleux « Contessa 32 », un plan de Jérémy Rogers, qu’elle acquis plus t**d, et qui fut (un model identique) un des rares voiliers à terminer la tristement célèbre course du Fastnet en 1979, course qui fut considéré comme la plus meurtrière de l’histoire du Yatching. Elle parcouru de nombreux milles nautiques.
Elle vient de terminer ….à la quarante cinq ieme place , sur deux cents cinquante participants ,la Rollex Cup (qui a remplacée la Fastnet).
Deux jours avant que je ne lève l’ancre de Boug sur Gironde , mon téléphone sonne « JP ? …. c’est Moi…. Je viens de réalisé mon rêve, et tu as vu , avec mon équipage de nanas nous en avons laissé un bon paquet derrière nous et je peux te dire qu’il y en avait beaucoup qui se prenaient pour Tabarly….Et …si tu veux , je t’accompagne pour réaliser le tien, je t’accompagne jusqu’à Madère je pourrais y rester jusqu'à ce que les belles fleurs, les beaux arbres et les montagnes me « saoule » A moins que, si par hasard nous nous ennuyons au bout d’un certain temps ? On pourrait descendre jusqu’au Cap Vert … ? Ensuite, on tourne à gauche…et puis nous pourrions profiter des Alizés ….et 3000 milles nautiques au bout …les Antilles …. J’ai une super copine qui habite aux Caraibes .Je suis sûr qu’elle serait en extase devant tes yeux bleus…et. que tu te régalerais de revisiter l’univers des pirates …L’Ile de la Tortue….. toi qui as un faible pour la « Flibuste » Qu’est ce que tu en penses ?et puis :KELLS, il ne va pas trop dépareiller là bas !!
-Kells, y’a Lisbeth qui se fout de toi !!!
_ On la mettra en fond de calle !
Je t’attends à Arcachon ou je suis venu prêter mon « Contessa » à un couple d’amis……….
Quatre heures plus t**d, je suis en vue de la passe nord du bassin d’Arcachon, nous sommes à mi-marée avec un coefficient de 40, un vent modéré de nord Ouest ….et je suis seul, j’ai affalé l’artimon, réduit la surface de la GV et laissé juste un « bout de torchon » dans le génois, VHF sur le canal 16
Le moteur tourne à 200 tours/minutes le garde une bonne réserve pour le moment ou j’affalerais complètement la GV, là j’aurais besoin de puissance.
J’appelle le sémaphore du Cap ferret pour m’assurer de la position des bancs de sables qui ont la fâcheuse habitude de se déplacer souvent
J’embouque la passe nord du bassin d’Arcachon, ça chahute un peu beaucoup, sa réputation n’est plus à faire, la différence de profondeur entre l’océan et le bassin lui-même est de plus de vingts mètres ce qui crée une zone de ressac extrêmement dangereuse.
Je suis sorti deux fois du bassin d’Arcachon….il y a 10 ans, et à chaque fois ….un vrais lac, je serre « les miches » comme on dit pour l’instant ça va, je viens de passer la pointe du Cap ferret , les yeux rivés sur les balises …qui ne se déplacent pas, elles, ce sont les bancs de sables qui se déplacent.
KELLS à l’air très à l’aise, lui, devant nous il y a un bateau à moteur qui danse une drôle de chorégraphie. Je ne voudrais pas qu’il se mette en travers.
Finalement nous accostons sur le ponton de la capitainerie, et, Elle est là avec son grand sourire elle applaudie ma manœuvre et pour la récompenser je lui jette l’amarre arrière , puisque l’on à encore du courant sur l’arrière du bateau, le moteur au point mort l’aussière avant à la main je saute sur le quai , frappe l’amarre sur le taquet d’amarrage et tombe …..dans les bras de ma future équipière…..
« Faudra penser à passer à la capitainerie avant de rester collé !!! » nous balance un C……ard »
Nous ne pouvons pas répondre !!!!et on s’en fout
………… (suite au prochain épisode
Mais la magie du destin en a décidé autrement Nous n’y arriverons jamais
Une toute autre histoire va s’écrire, dans une autre époque, une histoire pleine d’imaginaire et de mystères, D’amours bienveillants et parfois dangereux .
D’amours bienveillants et parfois dangereux
Nous n’y arriverons jamais.